Le travail de recherche que nous vous présentons ici a été rendu possible grâce à l'aimable collaboration de M. Pierre ALLOUIS de Layrac qui a mis à notre disposition toute sa documentation. Qu'il en soit ici remercié.


Les Pigeonniers

Les fabriques de colombine. Comment pourrait-on imaginer un paysage de Gascogne sans pigeonniers ?

On en trouve 41 sur la commune de Layrac. Pour une superficie de 3811 hectares ou de 38 kms2 cela fait plus d'un pigeonnier au kilomètre carré.

A l'orée de la révolution, le pigeonnier n'était pas ou n'était plus depuis longtemps dans nos régions, un privilège seigneurial. C'était seulement un signe de richesse terrienne.

Les pigeonniers n'avaient pas pour objet d'abriter des volatiles consommables; ils servaient à rassembler les oiseaux produisant de la colombine, seul engrais disponible pour enrichir les cultures délicates du chanvre et du tabac.

Si l'on met à part celui du château de Goulens remontant au XV° siècle, et l'autre du XVIII° siècle rebâti récemment à Mouton, le plus ancien pigeonnier de la commune semble se trouver à Monseigne et dater comme le reste de la propriété du milieu du XVIII° siècle.

Puis à Depau, il en existe un portant l' inscription 1812. C'est le seul de la commune qui soit daté.

Dans leur quasi-totalité, nos pigeonniers ont dû être bâtis dans la première moitié du XIX° siècle.

Il y a bien longtemps que les amateurs de vielles pierres s'intéressent aux pigeonniers. Nous adopterons la classification portant sur:

La toiture.Versant "Toulousain" à une ou deux pentes séparées par une contremarche dans laquelle sont percés des trous pour les pigeons; ou toiture pyramidale à quatre pans.

Le support. Sur arcades; ou sur murs pleins.(citons pour mémoire, les piliers, qui ne se trouvent pas à Layrac).

Comment distinguer extérieurement un pigeonnier d'une simple tour ornementale? Ce n'est pas toujours évident, vu de loin, en raison des restaurations effectuées sur l'ouvrage.

Deux détails caractérisent le pigeonnier :

Le dispositif anti-rongeurs, ceinturant le bâtiment, et qui peut se présenter sous forme d'une maçonnerie en saillie, ou d'un rang de terre cuite vernissée (le second système n'ayant pas été trouvé dans les pigeonniers de Layrac). Ce dispositif a parfois disparu à l'occasion d'une réfection d'enduits extérieurs.

La pierre d'envol qui elle a résisté à tous les restaurateurs.

A l'intérieur, on pourrait voir les boulins, ou niches accueillant les pigeons, mais beaucoup ont également disparu à l'occasion d'aménagements.

Quarante et un pigeonniers étaient donc dénombrés en 1985 sur la commune de Layrac. Cinq au moins ont disparu :

L'un sous l'autoroute, à Lascabannes, en 1980; les autres signalés par les propriétaires ou les voisins. D'autres encore, probablement, car on n'en trouve ni à Bois-Renaud, ni au Loup, ni à Pegourie, propriétés qui ont certainement dû en posséder à la fin du XVIII° siècle ou au début du XIX°.

Les "inclassables" Le pigeonnier de Gimet a probablement dû être construit avec une couverture à quatre pans. Son toit actuel en bâtière lui donne un air original, tout-à-fait inhabituel dans notre région.

Le pigeonnier du château de Goulens pourrait être assimilé aux pigeonniers-porches répandus dans toute la France. Sa double destination - ouvrage de défense vers l'extérieur, pigeonnier côté cour en fait un ouvrage exceptionnel. Bâti au XV° siècle, restauré par un disciple de Viollet le Duc au XIX°.


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